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Escale Bantoo 2026 : Au-delà du salon professionnel, une véritable communion culturelle

Clap de fin à Yaoundé pour la 8e édition du Salon Escale Bantoo. Entre performances vibrantes, révélations artistiques et partages d’expériences, cette cuvée 2026 s’est imposée bien au-delà d’un simple rendez-vous professionnel : une véritable aventure humaine. Immersion au cœur d’une cérémonie de clôture mémorable, marquée par le triomphe de Fanta Bourné et la promesse d’une industrie musicale africaine en pleine mutation.

8e édition du Salon escale bantoo 2026 (23)
affiche de la 8e édition du Salon escale bantoo 2026

Si je devais résumer cette 8e édition du Salon Escale Bantoo en un mot, je dirais : émotions. En deux mots, je dirais : belles découvertes. Mais la vérité, c’est qu’aucun mot ne suffit vraiment. Parce qu’Escale Bantoo ne se raconte pas uniquement à travers son programme, ses conférences ou ses concerts, Escale Bantoo se vit. Et cette cérémonie de clôture en a été la parfaite illustration.

spectacle d’EPIRI ENEL 8e édition du Salon escale bantoo 2026

Un grand cabaret à ciel ouvert : Quand l’industrie musicale se fait expérience humaine

Pendant quatre jours, j’ai souvent oublié que j’étais dans un salon professionnel. Par moments, j’avais l’impression d’être dans un cabaret géant où chacun connaissait son rôle à la perfection. Les artistes, les musiciens, les techniciens et le public, tous semblait participer à une même histoire. Une histoire faite de musique, de transmission, de rencontres et de découvertes. Bien sûr, tout n’a pas été parfait. Quelques ajustements organisationnels auraient pu améliorer certains moments. Mais aucune œuvre humaine n’est parfaite. Et honnêtement, ce sont les émotions qui restent et non les petits ratés.

Lauréate Fanta Bourné pour la 8e édition du Salon escale bantoo 2026
Lauréate Fanta Bourné pour la 8e édition du Salon escale bantoo 2026

Le triomphe de Fanta Bourné : Une consécration magistrale au Grand Prix Visa For Music

S’il fallait retenir un visage de cette clôture, ce serait celui de Fanta Bourné. Dès son entrée sur scène, quelque chose s’est produit. Sa présence, sa voix, son énergie, sa maîtrise, tout y était. Entre afro-pop, rythmes sahéliens et influences contemporaines, elle a offert un spectacle d’une rare intensité. La salle s’est levée, le public a répondu et l’ambiance est montée d’un cran. Et pendant quelques instants, il n’y avait plus de frontières seulement la musique et  l’émotion.

Fière héritière de la culture Moundang, l’artiste porte dans ses chansons des thématiques fortes, liées à la transmission culturelle, la liberté et la place des femmes dans la société. Et ce soir-là, elle a porté ces messages avec une telle force qu’il semblait presque évident qu’elle reparte avec le Grand Prix Visa For Music.

Au moment de recevoir sa distinction, elle a livré des mots particulièrement touchants :

« Je viens d’une culture où l’art n’est pas encore très connu. Je suis Moundang, descendante du clan des chasseurs. Ce prix représente une opportunité pour toutes les jeunes filles Moundang qui rêvent de se lancer dans la musique. »

Une déclaration qui résume à elle seule l’importance de ce type de plateforme. Parce qu’au-delà des trophées, ce sont aussi des imaginaires qui s’ouvrent.

Rosinenga 8e édition du Salon escale bantoo 2026
Rosinenga 8e édition du Salon escale bantoo 2026

L’authenticité de Rosinenga : La révélation d’une future grande voix de la scène africaine

Mon deuxième coup de cœur revient à Rosinenga. Une voix, une présence, un charisme, une artiste qui possède déjà de nombreux ingrédients qui font les grandes divas. Elle est repartie avec le Prix Babel et, au-delà de la récompense, c’est surtout sa sincérité qui a marqué. Lorsqu’elle a pris la parole, elle a préféré parler de foi, de gratitude et de travail plutôt que de victoire.

« Rosinenga, c’est la dévotion, la passion, l’amour de ce que je fais et le courage. Je remercie le Réalisateur du ciel et de la terre parce que je ne peux rien sans Lui. C’est Lui qui m’a donné cette voix et l’inspiration. J’aimerais également remercier mon équipe.»

Puis elle a eu un mot pour le salon :

« Je remercie Escale Bantoo pour cette opportunité de monter sur cette scène professionnelle. »

Des paroles simples. Mais profondément sincères.

concert Mounira Mitchala au Goethe institut pour l'Escale Bantoo
concert Mounira Mitchala au Goethe institut pour l’Escale Bantoo

De Mounira Mitchala aux nouveaux talents : La richesse d’un voyage musical sans frontières

Je crois que l’une des plus grandes richesses d’Escale Bantoo réside dans sa capacité à provoquer des rencontres inattendues. Et pour moi, cette rencontre porte un nom : Mounira Mitchala. Avant le salon, je ne connaissais presque rien de son univers. Quelques jours plus tard, je me surprends à rechercher ses chansons, à écouter davantage de musique tchadienne et à vouloir comprendre une culture musicale qui m’était totalement étrangère. C’est peut-être cela, la magie d’Escale Bantoo. Nous faire voyager sans quitter Yaoundé.

Au fil des jours, le salon a offert une succession de découvertes avec Free T., Epiri Enel, Bidima K-Lionne, Lynakrys, K-Ndione, Mama-G, Cécile Eke, Slamur, Afana’a, Gaëlle Kam, Les Panama Boys, Ben Martins, Jean Louis, Orion Jaeb et tant d’autres. Des artistes aux univers parfois très différents mais réunis par la même passion, la même envie de partager et la même volonté d’exister.

8e édition du Salon escale bantoo 2026
8e édition du Salon escale bantoo 2026

Le bilan du Labo de Jami : Structurer et célébrer les industries culturelles de demain

Au départ, je pensais venir couvrir un salon de musique mais je repars avec beaucoup plus que cela. Je repars avec des visages, des voix, des histoires, des réflexions et des découvertes. Je repars aussi avec une meilleure compréhension des réalités de l’industrie musicale africaine grâce aux ateliers, aux conférences, aux pitchs et aux échanges entre professionnels. Car Escale Bantoo n’est pas seulement une scène, c’est également un lieu où l’on apprend,  construit et crée des ponts entre les artistes, les producteurs, les managers, les diffuseurs et les publics. Et dans un contexte où les industries culturelles africaines cherchent encore à se structurer, cette mission est précieuse.

Alors oui, il y a toujours des choses à améliorer. Mais ce que cette 8e édition a réussi à créer est déjà immense : des rencontres, des opportunités, des émotions et surtout, des découvertes. Un grand bravo à Nathalie Mefe et à toute l’équipe de l’Escale Bantoo pour avoir offert à Yaoundé, pendant quatre jours, un espace où l’Afrique culturelle a pu se raconter, se rencontrer et se célébrer. Rendez-vous à la prochaine escale.

 

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