Invité à l’Escale Bantoo, le phénomène tchadien Mounira Mitchala a transformé la scène du Goethe-Institut en un voyage mémorable. Entre la claque artistique d’Orion Jaeb et le charisme royal de celle que l’on nomme la « Panthère Douce », récit d’une soirée mémorable où la musique a balayé l’ignorance pour laisser place à la magie.

Je vais être honnête, avant l’Escale Bantoo, je ne connaissais pas Mounira Mitchala. Quand son nom a été annoncé lors de l’ouverture du salon, je me suis simplement dit : « Ah, une artiste tchadienne invitée à l’événement. » Rien de plus ? Aucune émotion particulière, aucune attente, juste la curiosité normale d’une journaliste qui découvre une nouvelle tête dans un programme. Et puis il y a eu les pitchs. Mounira Mitchala présentait les Ranga Awards, un projet de reconnaissance et de professionnalisation des artistes africains. Le projet m’a intriguée suffisamment pour que je demande une interview que son manager, Abdel Kader, accepte. Je rentre donc préparer mon protocole d’entretien, et là, je tombe des nues. Plus je lis, plus je réalise que je ne suis pas en train de préparer une interview avec une artiste quelconque mais celle d’une icône. Une femme qui compose depuis le début des années 2000, une artiste qui a tourné en Afrique, en Europe et en Amérique, prix Découverte RFI, Kora Awards, AFASA Awards, actrice pour le cinéma de Mahamat-Saleh Haroun, ambassadrice de plusieurs causes sociales, militante pour la scolarisation des filles, fondatrice d’associations et de fondations, une femme classée parmi les personnalités qui influencent le destin de son pays. Et moi qui, quelques heures plus tôt, pensais avoir affaire à « une petite musicienne venue participer au salon ». J’ai eu honte, puis j’ai ri, parce que c’est aussi ça le métier, découvrir à quel point notre ignorance peut être immense. À partir de cet instant, j’avais hâte. Hâte de voir la femme derrière le CV.

Une belle surprise nommée Orion Jaeb
Le 29 mai au Goethe-Institut, dès 19h précise, la soirée commence avec Orion Jaeb. Encore une découverte, encore une claque. Pendant une trentaine de minutes, le jeune artiste déroule son spectacle Les Chroniques du Clair de Lune. Et quel voyage ! Sa voix est envoûtante, son univers cohérent, sa proposition artistique assumée, on ne regarde pas simplement une prestation, on entre dans un récit, on marche avec lui sous son clair de lune. Retenez ce nom. J’ai comme l’impression qu’on n’a pas fini d’en entendre parler.

Puis arrive la Panthère Douce
Et puis elle apparaît., toute vêtue de jaune, couronne sur la tête, présence royale, pas arrogante, royale. Et immédiatement, quelque chose change dans la salle, je ne saurais pas expliquer comment. Certaines personnes occupent simplement l’espace différemment et Mounira Mitchala fait partie de celles-là. Quelques minutes plus tard, je ne suis plus au Goethe-Institut mais au Tchad. Enfin, dans l’idée que je me fais du Tchad. Parce que soyons honnêtes : je ne connaissais pratiquement rien des sonorités tchadiennes. Et pour être encore plus honnête, elles ne m’avaient jamais particulièrement intéressée, en tout cas jusqu’à ce soir-là. Sa voix, sa gestuelle, son charisme, son aura, sa manière de raconter, d’habiter la scène. Tout respirait le métier, l’expérience, le talent. Son spectacle intitulé La Panthère Douce porte parfaitement son nom. Une panthère parce qu’elle impose naturellement le respect et douce parce qu’elle n’a pas besoin de rugir pour captiver.

Quand la musique fait oublier la langue
Le plus fascinant, je ne comprenais pas toujours ce qu’elle chantait et pourtant je comprenais tout. Ou plutôt je ressentais tout. Nous étions nombreux dans cette salle à ne pas parler sa langue mais personne ne semblait perdu. Parce qu’à un certain niveau, la musique cesse d’être un langage et devient une émotion. On oublie la traduction, les mots, on garde uniquement ce qu’ils provoquent et Mounira Mitchala provoque beaucoup.

Deux jours de répétitions. Comme si cela faisait dix ans.
Il y a cependant un détail qui m’a particulièrement bluffée. J’ai appris qu’elle n’avait eu que deux jours pour répéter avec les musiciens camerounais qui l’accompagnaient. Deux jours ! Seulement deux jours ! Pourtant, sur scène, on aurait juré qu’ils jouaient ensemble depuis des années. Tout était fluide, naturel, homogène, aucun flottement, aucune hésitation, juste des artistes qui semblaient parler le même langage, celui de la musique. Et c’est là que j’ai découvert une autre facette de Mounira Mitchala : la diva. Mais pas la diva inaccessible, la diva généreuse, la show woman capable de briller sans éteindre les autres. Capable de mettre ses musiciens en valeur, de partager la lumière, de rester humble malgré un parcours que beaucoup rêveraient d’avoir.
Je suis sortie de ce concert avec une certitude : Escale Bantoo ne sert pas seulement à découvrir de nouveaux artistes. Parfois, il sert aussi à découvrir qu’on ignorait l’existence de certaines légendes. Je suis arrivée sans connaître Mounira Mitchala et je suis repartie en train de chercher ses chansons, de découvrir d’autres artistes tchadiens, d’ explorer une scène musicale qui m’était totalement étrangère quelques jours plus tôt. Et finalement, n’est-ce pas la plus belle réussite d’un salon culturel ? Créer des ponts là où il n’y avait que de l’ignorance. Le 29 mai 2026, une artiste tchadienne m’a donné envie de découvrir tout un pays et ça vaut largement plus qu’un concert.
Invité à l’Escale Bantoo, le phénomène tchadien Mounira Mitchala a transformé la scène du Goethe-Institut en un voyage mémorable. Entre la claque artistique d’Orion Jaeb et le charisme royal de celle que l’on nomme la « Panthère Douce », récit d’une soirée mémorable où la musique a balayé l’ignorance pour laisser place à la magie.

Je vais être honnête, avant l’Escale Bantoo, je ne connaissais pas Mounira Mitchala. Quand son nom a été annoncé lors de l’ouverture du salon, je me suis simplement dit : « Ah, une artiste tchadienne invitée à l’événement. » Rien de plus ? Aucune émotion particulière, aucune attente, juste la curiosité normale d’une journaliste qui découvre une nouvelle tête dans un programme. Et puis il y a eu les pitchs. Mounira Mitchala présentait les Ranga Awards, un projet de reconnaissance et de professionnalisation des artistes africains. Le projet m’a intriguée suffisamment pour que je demande une interview que son manager, Abdel Kader, accepte. Je rentre donc préparer mon protocole d’entretien, et là, je tombe des nues. Plus je lis, plus je réalise que je ne suis pas en train de préparer une interview avec une artiste quelconque mais celle d’une icône. Une femme qui compose depuis le début des années 2000, une artiste qui a tourné en Afrique, en Europe et en Amérique, prix Découverte RFI, Kora Awards, AFASA Awards, actrice pour le cinéma de Mahamat-Saleh Haroun, ambassadrice de plusieurs causes sociales, militante pour la scolarisation des filles, fondatrice d’associations et de fondations, une femme classée parmi les personnalités qui influencent le destin de son pays. Et moi qui, quelques heures plus tôt, pensais avoir affaire à « une petite musicienne venue participer au salon ». J’ai eu honte, puis j’ai ri, parce que c’est aussi ça le métier, découvrir à quel point notre ignorance peut être immense. À partir de cet instant, j’avais hâte. Hâte de voir la femme derrière le CV.

Une belle surprise nommée Orion Jaeb
Le 29 mai au Goethe-Institut, dès 19h précise, la soirée commence avec Orion Jaeb. Encore une découverte, encore une claque. Pendant une trentaine de minutes, le jeune artiste déroule son spectacle Les Chroniques du Clair de Lune. Et quel voyage ! Sa voix est envoûtante, son univers cohérent, sa proposition artistique assumée, on ne regarde pas simplement une prestation, on entre dans un récit, on marche avec lui sous son clair de lune. Retenez ce nom. J’ai comme l’impression qu’on n’a pas fini d’en entendre parler.

Puis arrive la Panthère Douce
Et puis elle apparaît., toute vêtue de jaune, couronne sur la tête, présence royale, pas arrogante, royale. Et immédiatement, quelque chose change dans la salle, je ne saurais pas expliquer comment. Certaines personnes occupent simplement l’espace différemment et Mounira Mitchala fait partie de celles-là. Quelques minutes plus tard, je ne suis plus au Goethe-Institut mais au Tchad. Enfin, dans l’idée que je me fais du Tchad. Parce que soyons honnêtes : je ne connaissais pratiquement rien des sonorités tchadiennes. Et pour être encore plus honnête, elles ne m’avaient jamais particulièrement intéressée, en tout cas jusqu’à ce soir-là. Sa voix, sa gestuelle, son charisme, son aura, sa manière de raconter, d’habiter la scène. Tout respirait le métier, l’expérience, le talent. Son spectacle intitulé La Panthère Douce porte parfaitement son nom. Une panthère parce qu’elle impose naturellement le respect et douce parce qu’elle n’a pas besoin de rugir pour captiver.

Quand la musique fait oublier la langue
Le plus fascinant, je ne comprenais pas toujours ce qu’elle chantait et pourtant je comprenais tout. Ou plutôt je ressentais tout. Nous étions nombreux dans cette salle à ne pas parler sa langue mais personne ne semblait perdu. Parce qu’à un certain niveau, la musique cesse d’être un langage et devient une émotion. On oublie la traduction, les mots, on garde uniquement ce qu’ils provoquent et Mounira Mitchala provoque beaucoup.

Deux jours de répétitions. Comme si cela faisait dix ans.
Il y a cependant un détail qui m’a particulièrement bluffée. J’ai appris qu’elle n’avait eu que deux jours pour répéter avec les musiciens camerounais qui l’accompagnaient. Deux jours ! Seulement deux jours ! Pourtant, sur scène, on aurait juré qu’ils jouaient ensemble depuis des années. Tout était fluide, naturel, homogène, aucun flottement, aucune hésitation, juste des artistes qui semblaient parler le même langage, celui de la musique. Et c’est là que j’ai découvert une autre facette de Mounira Mitchala : la diva. Mais pas la diva inaccessible, la diva généreuse, la show woman capable de briller sans éteindre les autres. Capable de mettre ses musiciens en valeur, de partager la lumière, de rester humble malgré un parcours que beaucoup rêveraient d’avoir.
Je suis sortie de ce concert avec une certitude : Escale Bantoo ne sert pas seulement à découvrir de nouveaux artistes. Parfois, il sert aussi à découvrir qu’on ignorait l’existence de certaines légendes. Je suis arrivée sans connaître Mounira Mitchala et je suis repartie en train de chercher ses chansons, de découvrir d’autres artistes tchadiens, d’ explorer une scène musicale qui m’était totalement étrangère quelques jours plus tôt. Et finalement, n’est-ce pas la plus belle réussite d’un salon culturel ? Créer des ponts là où il n’y avait que de l’ignorance. Le 29 mai 2026, une artiste tchadienne m’a donné envie de découvrir tout un pays et ça vaut largement plus qu’un concert.
Invité à l’Escale Bantoo, le phénomène tchadien Mounira Mitchala a transformé la scène du Goethe-Institut en un voyage mémorable. Entre la claque artistique d’Orion Jaeb et le charisme royal de celle que l’on nomme la « Panthère Douce », récit d’une soirée mémorable où la musique a balayé l’ignorance pour laisser place à la magie.

Je vais être honnête, avant l’Escale Bantoo, je ne connaissais pas Mounira Mitchala. Quand son nom a été annoncé lors de l’ouverture du salon, je me suis simplement dit : « Ah, une artiste tchadienne invitée à l’événement. » Rien de plus ? Aucune émotion particulière, aucune attente, juste la curiosité normale d’une journaliste qui découvre une nouvelle tête dans un programme. Et puis il y a eu les pitchs. Mounira Mitchala présentait les Ranga Awards, un projet de reconnaissance et de professionnalisation des artistes africains. Le projet m’a intriguée suffisamment pour que je demande une interview que son manager, Abdel Kader, accepte. Je rentre donc préparer mon protocole d’entretien, et là, je tombe des nues. Plus je lis, plus je réalise que je ne suis pas en train de préparer une interview avec une artiste quelconque mais celle d’une icône. Une femme qui compose depuis le début des années 2000, une artiste qui a tourné en Afrique, en Europe et en Amérique, prix Découverte RFI, Kora Awards, AFASA Awards, actrice pour le cinéma de Mahamat-Saleh Haroun, ambassadrice de plusieurs causes sociales, militante pour la scolarisation des filles, fondatrice d’associations et de fondations, une femme classée parmi les personnalités qui influencent le destin de son pays. Et moi qui, quelques heures plus tôt, pensais avoir affaire à « une petite musicienne venue participer au salon ». J’ai eu honte, puis j’ai ri, parce que c’est aussi ça le métier, découvrir à quel point notre ignorance peut être immense. À partir de cet instant, j’avais hâte. Hâte de voir la femme derrière le CV.

Une belle surprise nommée Orion Jaeb
Le 29 mai au Goethe-Institut, dès 19h précise, la soirée commence avec Orion Jaeb. Encore une découverte, encore une claque. Pendant une trentaine de minutes, le jeune artiste déroule son spectacle Les Chroniques du Clair de Lune. Et quel voyage ! Sa voix est envoûtante, son univers cohérent, sa proposition artistique assumée, on ne regarde pas simplement une prestation, on entre dans un récit, on marche avec lui sous son clair de lune. Retenez ce nom. J’ai comme l’impression qu’on n’a pas fini d’en entendre parler.

Puis arrive la Panthère Douce
Et puis elle apparaît., toute vêtue de jaune, couronne sur la tête, présence royale, pas arrogante, royale. Et immédiatement, quelque chose change dans la salle, je ne saurais pas expliquer comment. Certaines personnes occupent simplement l’espace différemment et Mounira Mitchala fait partie de celles-là. Quelques minutes plus tard, je ne suis plus au Goethe-Institut mais au Tchad. Enfin, dans l’idée que je me fais du Tchad. Parce que soyons honnêtes : je ne connaissais pratiquement rien des sonorités tchadiennes. Et pour être encore plus honnête, elles ne m’avaient jamais particulièrement intéressée, en tout cas jusqu’à ce soir-là. Sa voix, sa gestuelle, son charisme, son aura, sa manière de raconter, d’habiter la scène. Tout respirait le métier, l’expérience, le talent. Son spectacle intitulé La Panthère Douce porte parfaitement son nom. Une panthère parce qu’elle impose naturellement le respect et douce parce qu’elle n’a pas besoin de rugir pour captiver.

Quand la musique fait oublier la langue
Le plus fascinant, je ne comprenais pas toujours ce qu’elle chantait et pourtant je comprenais tout. Ou plutôt je ressentais tout. Nous étions nombreux dans cette salle à ne pas parler sa langue mais personne ne semblait perdu. Parce qu’à un certain niveau, la musique cesse d’être un langage et devient une émotion. On oublie la traduction, les mots, on garde uniquement ce qu’ils provoquent et Mounira Mitchala provoque beaucoup.

Deux jours de répétitions. Comme si cela faisait dix ans.
Il y a cependant un détail qui m’a particulièrement bluffée. J’ai appris qu’elle n’avait eu que deux jours pour répéter avec les musiciens camerounais qui l’accompagnaient. Deux jours ! Seulement deux jours ! Pourtant, sur scène, on aurait juré qu’ils jouaient ensemble depuis des années. Tout était fluide, naturel, homogène, aucun flottement, aucune hésitation, juste des artistes qui semblaient parler le même langage, celui de la musique. Et c’est là que j’ai découvert une autre facette de Mounira Mitchala : la diva. Mais pas la diva inaccessible, la diva généreuse, la show woman capable de briller sans éteindre les autres. Capable de mettre ses musiciens en valeur, de partager la lumière, de rester humble malgré un parcours que beaucoup rêveraient d’avoir.
Je suis sortie de ce concert avec une certitude : Escale Bantoo ne sert pas seulement à découvrir de nouveaux artistes. Parfois, il sert aussi à découvrir qu’on ignorait l’existence de certaines légendes. Je suis arrivée sans connaître Mounira Mitchala et je suis repartie en train de chercher ses chansons, de découvrir d’autres artistes tchadiens, d’ explorer une scène musicale qui m’était totalement étrangère quelques jours plus tôt. Et finalement, n’est-ce pas la plus belle réussite d’un salon culturel ? Créer des ponts là où il n’y avait que de l’ignorance. Le 29 mai 2026, une artiste tchadienne m’a donné envie de découvrir tout un pays et ça vaut largement plus qu’un concert.