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Grand Prix Francophilie des Médias 2026: les coulisses du jour 1

Le Grand Prix Francophilie des Médias (GPFM) a officiellement ouvert les cuisines de sa septième édition ce lundi 13 juillet au Musée national de Yaoundé, transformé pour une semaine en véritable Village de la Presse Culturelle. Pour cette première journée, la recette a oscillé entre impatience, retrouvailles, petits ratés et grandes promesses.

affiche de la Coupe du Monde de la Presse Culturelle baptisé Grand Prix Francophilie des Médias
affiche de la Coupe du Monde de la Presse Culturelle baptisé Grand Prix Francophilie des Médias au village du festival, Musée National

Je l’avoue : cette journée avait une saveur particulière. Il y a un an, j’étais ici comme candidate à la sixième édition. Aujourd’hui, j’y reviens avec une double casquette : finaliste, mais aussi fondatrice du Labo de Jami. En franchissant les grilles du Musée national, j’avais une seule envie : retrouver cette atmosphère qui m’avait tant marquée l’année dernière. Revoir les anciens candidats, découvrir les nouveaux finalistes, rencontrer les délégations venues d’autres pays, retrouver l’équipe d’organisation et surtout découvrir ce que cette septième édition nous réservait. Pourtant, à mon arrivée, la cuisine semblait encore vide. Les casseroles n’avaient pas encore commencé à chanter. Le programme accusait du retard. Pendant quelques instants, un drôle de mélange s’est installé : de l’excitation, un peu d’anxiété et, je l’avoue, une légère déception. Mais organiser un événement de cette ampleur n’a rien d’une recette instantanée. Il faut parfois accepter les aléas du direct avant que le service ne commence réellement.

G-Laurentine Assiga, présidente du RJ2C, échangeant avec les journalistes au GPFM 2026
Retrouvailles et sourires complices : G-Laurentine Assiga insuffle l’énergie de cette 7e édition

Quand la cheffe entre en cuisine

Puis, tout a changé. Madame G-Laurentine Assiga, présidente du Réseau des Journalistes Culturels du Cameroun (RJ2C), fait son arrivée. Je me précipite vers elle. Notre dernière rencontre remontait au Salon International de l’Audiovisuel, en mars dernier. Quelques minutes plus tard, les finalistes arrivent progressivement. Et soudain, le Village du festival reprend vie. Les éclats de rire remplacent le silence. Les accolades succèdent à l’attente. Les conversations s’enchaînent. La recette retrouve enfin son équilibre comme un plat auquel il ne manquait plus que ses principaux ingrédients.

Journalistes et finalistes d'Afrique francophone réunis autour d'une table au GPFM 2026
Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal… Le journalisme culturel francophone uni autour d’une même table.

Une tablée francophone de plus en plus grande

L’accueil solennel des finalistes marque véritablement le début des festivités. Dans une ambiance conviviale, journalistes et candidats venus du Cameroun, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, du Burkina Faso, du Niger, de la Guinée et d’autres pays francophones prennent enfin place autour de la même table. Le Grand Prix Francophilie des Médias confirme ainsi ce qu’il revendique depuis plusieurs années : être bien plus qu’un concours. Il devient progressivement un espace où les cultures dialoguent et où les journalistes culturels construisent des ponts entre leurs réalités. Après le briefing sur le déroulement de la semaine, place au pré-filage de la cérémonie d’ouverture orchestré par le directeur artistique Cédric Océan. Les chorégraphies dévoilées annoncent déjà un spectacle à la hauteur des ambitions de cette édition.

image de quelques finalistes
image de quelques finalistes

Quand l’attente devient aussi un moment de partage

Paradoxalement, les longues heures de flottement auront peut-être été l’un des meilleurs ingrédients de cette journée. Parce qu’en attendant le début effectif des activités, les finalistes ont appris à se découvrir. Les anciens ont partagé leurs souvenirs, les nouveaux ont raconté leurs parcours, les cartes de visite ont circulé et les premiers liens se sont tissés. Comme quoi, les meilleurs échanges ne figurent pas toujours dans un programme officiel.

image d'un finaliste lors du défilé
image d’un finaliste lors du défilé de mode

Un cocktail pour relever les saveurs

La journée s’est finalement conclue autour de la soirée officielle d’accueil des finalistes et des invités spéciaux au menu : cocktail de bienvenue, animations culturelles, défilé des candidates au concours Miss CMPC-GPFM, présentation des finalistes, musique et danse. Malgré la fatigue visible sur les visages, chacun semblait avoir retrouvé son énergie. Comme si cette soirée venait rattraper les lenteurs du début de journée.

Pour Marc Nzié, finaliste camerounais :

« La journée a été belle malgré un retard dans le démarrage des activités. Heureusement que la présidente a su rattraper avec un show qui a permis de détendre tout le monde. »

Même son de cloche du côté d’Amélie, finaliste béninoise :

« Dans l’ensemble, l’accueil a été bien. Le premier contact avec les candidats a été très positif et l’ambiance était bonne. En revanche, je déplore le non-respect du programme. »

Deux regards différents qui résument finalement assez bien cette première journée : quelques imperfections dans le service, mais une ambiance qui a su sauver le repas.

affiche du Grand Prix Francophilie des Médias

Le regard du Labo : derrière les saveurs, un appel à soutenir la presse culturelle

S’il ne fallait retenir qu’un seul moment de cette journée, ce serait sans hésiter le discours de G-Laurentine Assiga.

« Créer un écosystème. » « Redonner sa dignité au journalisme culturel. » « Donner une autre dimension à la presse culturelle. » « Vivez cette aventure de bout en bout. C’est avant tout une aventure humaine, une aventure de connexion entre les peuples. »

Ces mots résonnent bien au-delà du Grand Prix Francophilie des Médias. Ils posent une question essentielle. Pourquoi un projet aussi ambitieux continue-t-il de chercher les moyens de ses ambitions ? Pourquoi les partenariats peinent-ils encore à se concrétiser lorsque l’on parle de culture ? Nous avons tendance à applaudir les artistes une fois sur scène mais nous oublions souvent ceux qui racontent leur histoire. Le journaliste culturel est pourtant bien plus qu’un simple relais d’information. Il documente notre mémoire. Il valorise notre patrimoine. Il accompagne nos Industries Culturelles et Créatives. Il éclaire les politiques publiques. Il questionne les modèles économiques.

En un mot, il contribue à faire vivre la culture bien au-delà des projecteurs. Sans lui, combien d’initiatives resteraient invisibles ? Combien de talents passeraient sous silence ? Le GPFM ne célèbre pas uniquement des journalistes. Il défend une profession qui cherche encore la place qu’elle mérite. Et cette place ne pourra être pleinement conquise qu’avec des partenaires convaincus que soutenir le journalisme culturel, c’est aussi investir dans le rayonnement de notre patrimoine.

programme de la 7e édition de la Coupe du Monde de la Presse Culturelle
programme de la 7e édition de la Coupe du Monde de la Presse Culturelle

À la carte de ce mardi

Après cette entrée en matière, le menu du 14 juillet promet d’être plus consistant. La grande cérémonie officielle d’ouverture donnera le coup d’envoi de cette septième édition, avant la visite du Village de la Presse Culturelle, le vernissage du Hall of Fame et de l’exposition consacrée à la gastronomie patrimoniale. L’après-midi, les échanges se poursuivront à l’UNESCO autour du Grand Talk consacré à la préservation et à la labellisation de la gastronomie traditionnelle. Enfin, la journée se terminera sur une note haute en couleur avec un showcase de mode, où les finalistes troqueront leurs carnets de notes contre les podiums, le temps d’un défilé.

Le repas ne fait que commencer. Et si cette première bouchée a parfois manqué d’assaisonnement, elle laisse entrevoir un menu dont les meilleurs plats restent encore à servir.

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