Entre omniprésence sur les réseaux sociaux et curiosité piquée au vif, la sortie de Awake, le nouvel album de Sandrine Nnanga, est devenue incontournable. Loin des analyses musicologiques froides, plongée dans la chronique de l’album Awake, un univers intime et sans prétention au cœur d’un projet généreux de treize titres pensé comme un véritable voyage musical entre émotions, rythmes pluriels et nostalgie.

Impossible ou presque d’échapper à Awake ces derniers jours. Sur les réseaux sociaux, dans les médias ou encore à travers les différentes sorties promotionnelles de l’artiste, le nouvel album de Sandrine Nnanga s’est imposé dans l’actualité culturelle camerounaise. Pour être honnête, j’ai fini par en voir tellement passer que j’en ai presque fait une overdose. Mention spéciale au passage à son équipe de communication qui a réussi à installer le projet dans les conversations bien avant sa sortie. Le déclic est venu ce dimanche, devant l’émission Jambo sur Canal 2 International. Invitée sur le plateau, Sandrine Nnanga y présentait notamment Awake et à offert un magnifique coffret collector de son album au présentateur président Tchop Tchop. Entre les écouteurs, la clé USB et le soin apporté au packaging, l’objet donnait déjà un aperçu du sérieux accordé au projet. je l’avoue j’ai été prise de jalousie sur le coup, je voulais également le mien. Quelques heures plus tard, me voilà sur Spotify. Je savais que j’allais écouter du Sandrine Nnanga. Je m’attendais donc à être transportée. Mais je ne pensais pas l’être à ce point. Treize titres, quarante minutes d’écoute, quarante minutes de découverte et quarante minutes de voyage. Car s’il fallait résumer Awake en un seul mot, ce serait certainement celui-là : voyage.

Un album aux multiples couleurs musicales
Dès les premières écoutes, l’album dévoile une identité particulièrement riche. Bikutsi, makossa, sonorités world music, influences rumba, ballades plus lentes : Sandrine Nnanga navigue entre plusieurs univers sans jamais perdre le fil de son récit. De Bipolaire à Ngok, en passant par les collaborations avec Salatiel, Ben Decca et Ada Akenji, l’artiste construit une œuvre qui explore aussi bien les émotions humaines que les questionnements intérieurs. L’ensemble donne la sensation d’un parcours où chaque chanson représente une étape différente du voyage.

L’amour comme fil conducteur
L’un des thèmes les plus présents de l’album reste sans conteste l’amour. Dès Bipolaire, Sandrine Nnanga plonge l’auditeur dans une déclaration passionnée où l’attachement semble parfois dépasser la raison. Les paroles évoquent cet amour qui revient sans cesse malgré les obstacles, cet amour dont il est difficile de se détacher. Cette thématique se retrouve également dans Ndolo, Ma prière avec Adah AKENJI ou encore Nous 2 avec Salatiel, autant de morceaux qui abordent les différentes facettes du sentiment amoureux. Mais Awake ne se limite pas aux histoires de cœur. L’album aborde également la foi et la spiritualité avec Béni de Dieu, les doutes amoureux dans Nsili, la confiance en soi avec Laissez ça ou encore le pardon dans Lakissemba. À travers ces différents sujets, Sandrine Nnanga dessine le portrait d’une femme qui observe sa vie, ses blessures, ses croyances et ses combats avec sincérité.

Bipolaire et Ndolo 2, mes deux coups de cœur
Parmi les treize titres du projet, deux morceaux ont particulièrement retenu mon attention. Le premier est Ndolo 2, en collaboration avec Ben Decca. Dès les premières notes, j’ai été happée par la chanson. L’association des deux voix fonctionne naturellement et m’a immédiatement replongée dans les souvenirs lors de sa reprise de Osi Dimbea, qui marque sa première collaboration avec le patriarche Ben Decca. C’est le genre de morceau qui provoque instantanément une émotion familière. Celui que l’on se surprend à fredonner sans même s’en rendre compte.
Mon rapport à Bipolaire a été différent. Lors de la première écoute, le titre m’a plu sans pour autant devenir un favori. Puis, je l’ai réécouté encore et encore jusqu’à ce qu’il devienne l’un des morceaux que je lançais spontanément. Le titre m’a rappelé par moments les débuts de Sandrine Nnanga avec Mulema. J’y ai également retrouvé quelque chose qui m’a fait penser à la chanteuse américaine Brandy. La manière dont les voix s’entremêlent crée une texture particulière qui enrichit constamment la mélodie. Je ne suis pas experte en technique musicale et je n’ai aucune prétention à l’être. Je peux simplement dire ce que j’ai ressenti : cette chanson possède quelque chose qui grandit à chaque écoute.

Le morceau qui m’a moins séduite
Je vais probablement me faire quelques ennemis parmi les fans de l’artiste, mais le titre qui m’a le moins marquée reste Sobo. Pourtant, je comprends parfaitement son succès. Le morceau est efficace, entraînant et particulièrement dansant. petit big up à la comédienne Nikita qui a réussi à me le faire apprécier grâce à ces nombreuses reprises. Simplement, lorsque j’écoute Sandrine Nnanga, je suis davantage touchée par les titres où sa voix, ses mélodies et ses émotions occupent toute la place. C’est dans ce registre que je la préfère.

Ce qui m’a finalement le plus séduite dans Awake, ce n’est pas un morceau en particulier mais l’expérience globale proposée par l’album. À une époque où les projets musicaux cherchent parfois à enchaîner les tendances ou les tubes instantanés, Sandrine Nnanga prend le parti de raconter une histoire, d’explorer plusieurs émotions et de laisser à l’auditeur le temps de les vivre. Les amoureux de musique y trouveront leur compte et es amoureux tout court également. Awake est un album qui s’écoute comme on entreprend un voyage : avec curiosité, avec émotion et avec l’envie de découvrir ce qui nous attend à la prochaine étape.
Verdict
Awake n’est pas seulement un album à écouter. C’est un album à parcourir.